mardi 20 février 2018

Benoît XVI : le Carême et la pratique de l'aumône



Pour bien entrer dans la sainte Quarantaine qui nous mène vers le sommet de l’année liturgique que constitue le Triduum pascal, mettons-nous à l’école du pape émérite Benoît XVI, grand maître de la vie spirituelle, qui, dans une audience générale de 2008, insistait particulièrement sur l’esprit du Carême et sur l’importance de la pratique de l’aumône, véritable signe de contradiction dans ce monde esclave du matérialisme et du consumérisme.

Audience générale du mercredi 6 février 2008

 
Aujourd'hui, Mercredi des Cendres, nous reprenons, comme chaque année, le chemin quadragésimal animés par un esprit plus intense de prière et de réflexion, de pénitence et de jeûne. Nous entrons dans un temps liturgique « fort » qui, alors qu'il nous prépare à la célébration de la Pâque - cœur et centre de l'année liturgique et de notre existence tout entière - nous invite, et nous pourrions même dire nous incite, à donner une impulsion plus décidée à notre existence chrétienne. [...] Avec l'antique rite de l'imposition des cendres, l'Église nous introduit dans le Carême comme dans une grande retraite spirituelle qui dure quarante jours. 

Nous entrons donc dans le climat quadragésimal, qui nous aide à redécouvrir le don de la foi reçue avec le Baptême et nous pousse à recevoir le Sacrement de la Réconciliation, en plaçant notre engagement de conversion sous le signe de la miséricorde divine. Aux origines, dans l'Église primitive, le Carême était un temps privilégié pour la préparation des catéchumènes aux sacrements du Baptême et de l'Eucharistie, qui étaient célébrés pendant la Veillée pascale. Le Carême était considéré comme le temps du devenir chrétien, qui ne se réalisait pas en un seul moment, mais qui exigeait un long itinéraire de conversion et de renouvellement. Ceux qui étaient déjà baptisés s'unissaient également à cette préparation en se rappelant le souvenir du Sacrement reçu, et en se disposant à une communion renouvelée avec le Christ dans la célébration joyeuse de la Pâque. Ainsi, le Carême possédait, et possède encore, le caractère d'un itinéraire baptismal, au sens où il aide à garder éveillée la conscience que l'être chrétien se réalise toujours comme un nouveau devenir chrétien:  ce n'est jamais une histoire terminée qui se trouve derrière nous, mais un chemin qui exige toujours une pratique nouvelle. 

En imposant les cendres sur la tête, le célébrant dit:  « Rappelle-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière » (cf. Gn 3, 19), ou bien il répète l'exhortation de Jésus:  « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (cf. Mc 1, 15). Ces deux formules constituent un rappel à la vérité de l'existence humaine:  nous sommes des créatures limitées; des pécheurs qui ont toujours besoin de pénitence et de conversion. Comme il est important d'écouter et d'accueillir cet appel à notre époque! Lorsqu'il proclame sa totale autonomie de Dieu, l'homme contemporain devient l'esclave de lui-même et il se retrouve souvent dans une solitude désespérée. L'invitation à la conversion est alors un élan à revenir entre les bras de Dieu, Père tendre et miséricordieux, à avoir confiance en Lui, à se remettre à Lui comme des enfants adoptifs, régénérés par son amour. Avec une sage pédagogie, l'Église répète que la conversion est tout d'abord une grâce, un don qui ouvre le cœur à l'infinie bonté  de  Dieu. Il devance lui-même par sa grâce notre désir de conversion et accompagne nos efforts vers la pleine adhésion à sa volonté salvifique. Se convertir signifie alors se laisser conquérir par Jésus (cf. Ph 3, 12) et « retourner » avec Lui au Père. 

La conversion implique donc de se mettre humblement à l'école de Jésus et de marcher en suivant docilement ses traces. À ce propos, les paroles avec lesquelles Il indique lui-même les conditions pour devenir ses véritables disciples sont éclairantes. Après avoir affirmé que « celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie pour moi et pour l’Évangile la sauvera », il ajoute « Quel avantage, en effet, un homme a-t-il à gagner le monde entier en le payant de sa vie ? » (Mc 8, 35-36). La conquête du succès, la soif de prestige et la recherche des facilités, lorsqu'elles envahissent totalement la vie jusqu'à exclure Dieu de son propre horizon, conduisent-elles véritablement au bonheur ? Peut-il exister un bonheur authentique en dehors de Dieu ? L'expérience démontre que l'on n'est pas heureux parce que l'on répond aux attentes et aux exigences matérielles. En réalité, la seule joie qui comble le cœur humain est celle qui vient de Dieu:  nous avons en effet besoin de la joie infinie. Ni les préoccupations quotidiennes ni les difficultés de la vie ne réussissent à éteindre la joie qui naît de l'amitié avec Dieu. L'invitation de Jésus à prendre notre croix et à le suivre peut, dans un premier temps, apparaître dure et contraire à ce que nous voulons, mortifiante pour notre désir de réalisation personnelle. Mais en regardant de plus près nous pouvons découvrir qu'il n'en est pas ainsi:  le témoignage des saints démontre que dans la Croix du Christ, dans l'amour qui se donne, en renonçant à la possession de soi-même, se trouve cette profonde sérénité qui est source de généreux dévouement envers nos frères, en particulier les pauvres et les indigents. Et cela nous donne de la joie à nous aussi. Le chemin quadragésimal de conversion, que nous entreprenons aujourd'hui avec toute l'Église, devient donc l'occasion propice, « le moment favorable » (cf. 2 Co 6, 2) pour renouveler notre abandon filial entre les mains de Dieu et pour mettre en pratique ce que Jésus continue à nous répéter:  « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il e suive » (Mc 8, 34), et qu'il avance ainsi sur la route de l'amour et du bonheur véritable. 

Pendant le temps de Carême, l'Église, faisant écho à l’Évangile, propose plusieurs tâches spécifiques qui accompagnent les fidèles au cours de cet itinéraire de renouvellement intérieur:  la prière, le jeûne et l'aumône. Dans le Message pour le Carême de cette année [2008], publié il y a quelques jours, j'ai voulu m'arrêter « sur la pratique de l'aumône:  elle est une manière concrète de venir en aide à ceux qui sont dans le besoin, et, en même temps, un exercice ascétique pour se libérer de l'attachement aux biens terrestres » (n. 1). Nous savons cependant à quel point l'attrait des richesses matérielles envahit en profondeur la société moderne. En tant que disciples de Jésus-Christ nous sommes appelés à ne pas idolâtrer les biens terrestres, mais à les utiliser comme des moyens pour vivre et pour aider les autres qui sont dans le besoin. En nous indiquant la pratique de l'aumône, l'Église nous éduque à aller à la rencontre des besoins de notre prochain, à l'imitation de Jésus qui, comme le remarque saint Paul, s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté (cf. 2 Co 8, 9). « À son école - ai-je encore écrit dans le Message cité -, nous pouvons apprendre à faire de notre vie un don total; en l'imitant, nous réussissons à devenir disposés, non pas tant à donner quelque chose de ce que nous possédons,  qu'à  nous  donner nous-mêmes ». Et j'ai ajouté:  « L'Évangile tout entier ne se résume-t-il pas dans l'unique commandement de la charité ? La pratique quadragésimale de l'aumône devient donc un moyen pour approfondir notre vocation chrétienne. Quand il s'offre gratuitement lui-même, le chrétien témoigne que c'est l'amour et non la richesse matérielle qui dicte les lois de l'existence » (n. 5). 

Chers frères et sœurs, demandons à la Vierge, Mère de Dieu et de l'Église, de nous accompagner sur le chemin quadragésimal, pour qu'il soit un chemin de conversion véritable. Laissons-nous guider par Elle et nous parviendrons, intérieurement renouvelés, à la célébration du grand mystère de la Pâque du Christ, révélation suprême de l'amour miséricordieux de Dieu. 

Bon Carême à tous! 

Louis Hersent, Louis XVI distribuant des aumônes aux pauvres de Versailles pendant l'hiver 1788, 1817, Châteaux de Versailles et de Trianon.

jeudi 1 février 2018

Horaires de Messes 2017-2018

Dimanches et fêtes


GLUGES

A partir du dimanche 28 janvier, la Messe est célébrée à Gluges à 8h30, tous les dimanches et fêtes d'obligation, sauf mention contraire sur cette présente page.

Merci pour votre compréhension !
 



La Messe quotidienne est célébrée à 11h en la Maison Notre-Dame. Veuillez téléphoner auparavant s.v.p.  

 
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En cas de changement, une notification sera publiée sur ce blog, que nous vous invitons à consulter régulièrement. 



lundi 25 décembre 2017

Sainte fête de Noël !

Les chanoines de Baladou vous souhaitent une belle et sainte fête de Noël !

"Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !"

Louis Le Nain, La Nativité (XVIIe siècle)

vendredi 8 décembre 2017

Je suis l'Immaculée Conception !

 
Bartolomé Esteban Murillo, Inmaculada Concepcion, v. 1652, Musée des Beaux-Arts de Séville.


"Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de sa conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et, par conséquence, qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles."


Bienheureux Pie IX, Bulle Ineffabilis Deus (8 décembre 1854)

Consécration de l'Institut à Notre-Dame, en l'église de Gluges

La Messe chantée fut agrémentée de magnifiques polyphonies interprétées par la schola des chanoines.

lundi 4 décembre 2017

Le temps de l'Avent et les Crèches

Nous voici entrés dans une nouvelle année liturgique. Le temps de l'Avent nous introduit, dans une douce pénitence, dans la contemplation du mystère de l'Incarnation, en nous préparant à la fête de Noël. Cette préparation ne se réduit pas aux commandes de joujoux dans les grandes surfaces ou aux bons petits plats du traiteur local ! S'il est normal de fêter comme il se doit la joie de la Nativité, il ne faut pas perdre de vue le fondement de cette joie : la naissance du Sauveur de l'humanité, attendu depuis des siècles par les Prophètes. En contemplant chaque année cette venue sur la Terre du Fils de Dieu, nous travaillons à renaître nous aussi à la vie de la grâce, à nous ré-imprégner de la divine Enfance du Seigneur, à faire revivre en nous les vertus de Noël, l'humilité et la pauvreté en particulier.

La vénérable tradition des crèches est là pour nous introduire aussi dans ce mystère de la Nativité. Les débats stupides dont les médias nous abreuvent chaque jour nous montrent que, plus de 2000 ans après, le Christ est toujours une pierre d'achoppement pour l'esprit du Monde. Pourtant ce frêle Enfant qui naît dans une mangeoire, doit-il faire peur ? Ce fils d'une humble famille, né dans une pauvre étable, doit-il rebuter alors qu'on nous parle sans cesse de "solidarité" et d'"ouverture" ? Les contradictions de la société contemporaine nous montrent bien que le rejet de Noël est lié au rejet de la Chrétienté, au rejet du surnaturel. 

Alors la crèche de nos maisons, de nos églises, de nos quartiers, de nos villes, doit demeurer un signe de contradiction dont nous avons à être fiers ! A nous de rivaliser d'imagination et de créativité pour en faire une œuvre d'art personnelle et familiale, touchante et évangélisatrice, dans un monde qui en tant besoin de retrouver la douceur et la bonté de Dieu. 

Crèche de l'église de Gluges

Crèche de l'église de Mechmont

dimanche 26 novembre 2017

Messe de Requiem à Mechmont


Comme chaque année, une Messe de requiem, suivie de l'absoute, a été chantée par les chanoines de Baladou en l'église de Mechmont, pour les défunts des familles des personnes présentes. Le chanoine Jantaud, prieur de la Maison Notre-Dame-de-Rocamadour, a donné une belle prédication sur l'espérance de la vie éternelle, inspirée de l'encyclique Spe salvi du pape Benoît XVI. 






jeudi 2 novembre 2017

Novembre : prier pour nos défunts

Le mois de novembre est traditionnellement consacré à la prière pour les défunts. Nous en profitons aussi pour nettoyer et fleurir nos tombes. Mais une tombe propre et fleurie ne suffit pas ! Geste de piété filiale et de reconnaissance envers nos défunts, il doit s'accompagner d'un geste spirituel : la prière pour ceux qui nous ont précédés, spécialement pour ceux qui ont le plus besoin de la miséricorde de Dieu, comme l'a demandé Notre-Dame aux trois bergers de Fatima.

La célébration des Messes pour les défunts est aussi une tradition du mois de novembre. Lorsque la liturgie le permet, des Messes de requiem sont proposées aux fidèles pour s'unir plus particulièrement, à travers la richesse rituelle de la Messe des morts, à la délivrance des âmes du Purgatoire. 

N'hésitez pas à faire célébrer des messes pour les défunts de vos familles. Ce sera la plus grande des charités que vous pourrez exercer à leur égard. Et comme nos défunts sont reconnaissants dans l'éternité, ils ne nous oublieront pas lorsque nous serons à leur place : "Hodie mihi, cras tibi !" comme le dit l'adage latin. "Aujourd'hui, c'est moi, demain, ce sera toi !"

Les chanoines de Baladou n'ont pas oublié la tombe de leur bienfaitrice, Melle Bussière

 Vos chanoines sont à votre disposition pour la célébration de messes pour vos défunts et pour les âmes du Purgatoire. N'hésitez pas à les contacter !


Prière à Notre-Dame de Montligeon

O glorieuse Vierge Marie,

ayez pitié des saintes âmes retenues pour un temps dans le feu purificateur,

loin de Dieu et de vous, leur Mère toute miséricordieuse.

Brisez leurs chaînes et délivrez-les de l’abîme où elles gémissent,

aspirant à la patrie céleste et soupirant vers le moment heureux de leur union définitive

avec Dieu, si ardemment désiré par leur cœur.

Prenez surtout en pitié les âmes les plus délaissées.

Nous vous prions pour elles tout spécialement.

O Mère de bonté, daignez agréer nos vœux et les combler.

Nous vous en supplions, Marie, réunissez-nous tous au Ciel,

auprès de Notre-Seigneur Jésus-Christ,

votre adorable Fils, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit dans les siècles des siècles.

Ainsi soit-il.