mercredi 23 décembre 2015

Rappel à Dieu de l'abbé Jean Lafon

R. I. P.


Nous recommandons à vos prières le repos de l'âme de M. l'abbé Jean Lafon, prêtre du diocèse de Cahors, spécialiste de l'histoire locale et de la langue occitane, décédé dimanche 20 décembre, dans sa quatre-vingt-treizième année.

Originaire de Rocamadour, l'abbé Lafon desservait l'église de Gluges, pour la célébration de la messe traditionnelle, avant que ce ministère fût  confié à l'Institut, voici une quinzaine d'années.

"C'est bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton maître !"
(Mt 25, 21)


mardi 8 décembre 2015

Vive l'Immaculée !

Nous célébrons ce mardi 8 décembre la grande fête de l'Immaculée Conception, patronne principale de l'Institut, traditionnellement précédée d'une neuvaine où, de concert avec les supérieurs de notre communauté, les séminaristes de Gricigliano, nos soeurs Adoratrices et les membres de la Société du Sacré-Coeur, les chanoines renouvellent la consécration de l'Institut à la Très Sainte Vierge Marie.

Voici la très belle homélie de saint Germain que nous méditons au Bréviaire romain au jour de cette fête :



Je vous salue, Marie, pleine de grâce, plus sainte que les Saints, plus élevée que les cieux, plus glorieuse que les Chérubins, plus digne d’honneur que les Séraphins, et vénérable au-dessus de toute créature. Salut, ô colombe, qui nous apportez le fruit de l’olivier et nous annoncez Celui par qui nous sommes préservés du déluge spirituel, et qui est le port du salut ; vous dont les ailes ont la blancheur de l’argent et dont le dos brille de l’éclat de l’or et des rayons de l’Esprit très saint et illuminateur. Salut, paradis de Dieu, jardin raisonnable et très agréable, planté aujourd’hui à l’Orient par la main toute bienveillante et toute puissante de ce même Dieu, exhalant pour lui l’odeur suave du lis, et produisant la rosé d’une inaltérable beauté pour la guérison de ceux qui avaient, du côté de l’Occident, bu jusqu’à la lie l’amertume d’une mort désastreuse et funeste à l’âme ; paradis, dans lequel l’arbre de vie fleurit pour la connaissance de la vérité, donnant l’immortalité à ceux qui goûtent de son fruit. Salut, édifice sacrosaint, immaculé, palais très pur de Dieu le souverain Roi, orné tout autour par la magnificence de ce même Roi divin. Ce palais offre à tous l’hospitalité, et les réconforte par de mystérieuses délices ; dans son enceinte se trouve la couche nuptiale de l’Époux spirituel, elle n’a pas été faite à la main et elle brillé d’ornements divers ; c’est là que le Verbe, voulant rappeler dans la voie droite l’humanité errante, s’est uni la chair, afin de réconcilier avec son Père, ceux qui s’étaient exilés par l’effet de leur propre volonté.

Salut, montagne de Dieu très fertile et ombragée, sur laquelle a été nourri l’agneau plein de sagesse qui a porté nos péchés et nos infirmités ; montagne d’où a roulé, sans qu’aucune main la détachât, cette pierre qui a brisé les autels des idoles et qui « est devenue le sommet de l’angle : fait admirable à nos yeux. » Salut, trône sacré de Dieu, autel divin, maison de gloire, ornement d’une beauté incomparable, trésor choisi, propitiatoire de tout l’univers, ciel qui raconte la gloire de Dieu. Salut, vase formé d’un or pur, contenant le plus suave attrait de nos âmes : le Christ, qui est la manne véritable. O Vierge très pure et très digne de toute louange comme de tout respect, temple consacré à Dieu et surpassant en excellence toute créature, terre intacte, champ fécond sans culture, vigne entièrement fleurie, fontaine répandant des eaux abondantes, vierge féconde et mère sans union, trésor caché d’innocence et beauté toute sainte, intercédez pour nous auprès de celui qui est à la fois votre Fils (né de vous, sans avoir de père terrestre) et le Seigneur notre Dieu, Créateur de toutes choses. Daignez, par vos prières toujours agréées et douées de la puissance qui donne l’autorité maternelle, prendre en main le gouvernement de l’ordre ecclésiastique et nous conduire au port tranquille.

O Marie, revêtez les prêtres de justice, inspirez-leur les pieux transports d’une foi éprouvée, pure et sincère. Quant aux princes orthodoxes dont vous êtes, de préférence à l’éclat de la pourpre et de l’or, aux perles et aux pierres précieuses, le diadème, le manteau royal, la gloire la plus solide, dirigez-les dans la tranquillité et la paix. Abattez et soumettez-leur les nations infidèles, qui blasphèment contre vous et contre le Dieu né de vous. Affermissez leurs peuples dans la foi, afin qu’ils persévèrent, selon le précepte de Dieu, dans l’obéissance et dans une douce dépendance. Couronnez de l’honneur de la victoire cette cité qui vous est consacrée, et pour laquelle vous êtes comme une tour et un fondement ; gardez, en l’environnant de force, l’habitation de Dieu ; conservez toujours la beauté du temple. Délivrez de tout danger et de toute angoisse ceux qui vous louent ; donnez la liberté aux captifs, un asile aux voyageurs, et soyez la consolation des malheureux, quel que soit le secours dont ils sont dépourvus. Tendez à l’univers entier votre main secourable, afin que nous célébrions vos fêtes dans la joie et l’allégresse, et que toutes se terminent comme celle que nous venons de solenniser, en nous laissant des fruits éclatants de salut, en Jésus-Christ, Roi de tous et notre vrai Dieu, à qui soient gloire et puissance, avec Dieu le Père, le saint principe de sa vie, et l’Esprit coéternel, consubstantiel et co-régnant, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

L'Immaculée Conception par Esteban Murillo (1618-1682)

mardi 1 décembre 2015

Entrons dans l'Avent

Nous entrons dans la nouvelle année liturgique avec ce temps de l'Avent qui nous prépare à la grande fête de Noël. Comme le Carême, l'Avent est un temps de conversion pour chaque chrétien, comme l'enseigne saint Jean-Baptiste, le prophète privilégié de cette période liturgique : "Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur".

Voici ce quelques extraits de l'Année liturgique de dom Guéranger, qui nous présentent les spécificités liturgiques de ce temps :

S. Jean-Baptiste, par J. Leonardo de Chavacier (1601-1653)


 "On donne, dans l’Église latine, le nom d’Avent au temps destiné par l’Église à préparer les fidèles à la célébration de la fête de Noël, anniversaire de la Naissance de Jésus-Christ. Le mystère de ce grand jour méritait bien sans doute l’honneur d’un prélude de prière et de pénitence : aussi serait-il impossible d’assigner d’une manière certaine l’institution première de ce temps de préparation, qui n’a reçu que plus tard le nom d’Avent. Il paraît toutefois que cette observance aurait commencé d’abord en Occident ; car il est indubitable que l’Avent n’a pu être affecté comme préparation à la fête de Noël, que depuis que cette fête a été définitivement fixée au vingt-cinq décembre : ce qui n’a eu lieu pour l’Orient que vers la fin du IVe siècle, tandis qu’il est certain que l’Église de Rome la célébrait en ce jour longtemps auparavant.

(...) Nous trouvons, dès le Ve siècle, l’usage de faire des exhortations au peuple pour le disposer à la fête de Noël ; il nous reste même sur ce sujet deux sermons de saint Maxime de Turin, sans parler de plusieurs autres attribués autrefois à saint Ambroise et à saint Augustin, et qui paraissent être de saint Césaire d’Arles. Si ces monuments ne nous apprennent point encore la durée et les exercices de cette sainte carrière, nous y voyons du moins l’ancienneté de l’usage qui marque par des prédications particulières le temps de l’Avent. (...)

 L’obligation de ce "carême", qui, commençant à poindre d’une manière presque imperceptible, s’était accrue successivement jusqu’à devenir une loi sacrée, se relâcha insensiblement ; et les quarante jours de la Saint-Martin à Noël se trouvèrent réduits à quatre semaines. (...) Le premier indice que nous rencontrons delà réduction de l’Avent à quatre semaines se trouve être, dès le IXe siècle, la lettre du pape saint Nicolas Ier aux Bulgares. (...)

Benoît XIV, encore Archevêque de Bologne, marchant sur de si glorieuses traces, a consacré sa onzième Institution Ecclésiastique à réveiller dans l’esprit des fidèles de son diocèse la haute idée que les chrétiens avaient autrefois du saint temps de l’Avent, et à combattre un préjugé répandu dans cette contrée, savoir que l’Avent ne regardait que les personnes religieuses, et non les simples fidèles. Il montre que cette assertion, à moins qu’on ne l’entende simplement du jeûne et de l’abstinence, est à proprement parler téméraire et scandaleuse, puisqu’on ne saurait douter qu’il existe, dans les lois et les usages de l’Église universelle, tout un ensemble de pratiques destinées à mettre les fidèles dans un état de préparation à la grande fête de la Naissance de Jésus-Christ. (...)

Remarquons d’abord le nombre des jours de l’Avent. La quarantaine est la première forme qu’ait adoptée l’Église pour cette période ; et cette forme est restée dans le rite ambrosien et chez les Orientaux. Si, plus tard, l’Église Romaine et celles qui la suivent Font abandonnée, le quaternaire n’en est pas moins exprimé dans les quatre semaines qui ont été substituées aux quarante jours. (...)

    Les yeux du peuple sont avertis de la tristesse qui préoccupe le cœur de la sainte Église par la couleur de deuil dont elle se couvre. Hors les fêtes des Saints, elle ne revêt plus que le violet ; le Diacre dépose la Dalmatique, et le Sous-diacre la Tunique. Autrefois même, on usait de la couleur noire en plusieurs lieux, comme à Tours, au Mans, etc. Ce deuil de l’Église marque avec quelle vérité elle s’unit aux vrais Israélites qui attendaient le Messie sous la cendre et le cilice, et pleuraient la gloire de Sion éclipsée, et « le sceptre ôté de Juda, jusqu’à ce que vienne celui qui doit être envoyé, et qui est l’attente des nations ». Il signifie encore les œuvres de la pénitence, par lesquelles elle se prépare au second Avènement plein de douceur et de mystère, qui a lieu dans les cœurs, en proportion de ce qu’ils se montrent touchés de la tendresse que leur témoigne cet Hôte divin qui a dit : Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes. Il exprime enfin la désolation de cette veuve attendant l’Époux qui tarde à paraître. Elle gémit sur la montagne, comme la tourterelle, jusqu’à ce que la voix se fasse entendre qui dira : « Viens du Liban, mon Épouse ; viens pour être couronnée, car tu as blessé mon cœur  ».

    Pendant l’Avent, l’Église suspend aussi, excepté aux Fêtes des Saints, l’usage du Cantique Angélique : Gloria in excelsis Deo, et in terra pax hominibus bonae voluntatis. En effet, ce chant merveilleux ne s’est fait entendre qu’en Bethléem sur la crèche de l’Enfant divin ; la langue des Anges n’est donc pas déliée encore ; la Vierge n’a pas déposé son divin fardeau ; il n’est pas temps de chanter, il n’est pas encore vrai de dire : Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! sur la terre, paix aux hommes de bonne volonté !

    De même, à la fin du Sacrifice, la voix du Diacre ne fait plus entendre ces paroles solennelles qui congédient l’assemblée des fidèles : Ite, Missa est ! les remplace par cette exclamation ordinaire : Benedicamus Domino ! comme si l’Église craignait d’interrompre les prières du peuple, qui ne sauraient être trop prolongées en ces jours d’attente.

  Toutefois, il est un trait spécial qui distingue ces deux temps : c’est que le chant de l’allégresse, le joyeux Alléluia, n’est pas suspendu durant l’Avent, si ce n’est aux jours de Férie. A la Messe des quatre dimanches, on continue de le chanter ; et il forme contraste avec la couleur sombre des ornements. Il est même un de ces dimanches, le troisième, où l’orgue retrouve sa grande et mélodieuse voix, et où la triste parure violette peut un moment faire place à la couleur rose. Ce souvenir des joies passées, qui se retrouve ainsi au fond des saintes tristesses de l’Église, dit assez que, tout en s’unissant à l’ancien peuple pour implorer la venue du Messie, et payer ainsi la grande dette de l’humanité envers la justice et la clémence de Dieu, elle n’oublie cependant pas que l’Emmanuel est déjà venu pour elle, qu’il est en elle, et qu’avant même qu’elle ait ouvert la bouche pour demander le salut, elle est déjà rachetée et marquée pour l’union éternelle. Voilà pourquoi l’Alléluia se mêle à ses soupirs, pourquoi sont empreintes en elle toutes les joies et toutes les tristesses, en attendant que la joie surabonde à la douleur, en cette nuit sacrée qui sera plus radieuse que le plus brillant des jours."




samedi 28 novembre 2015

Bénédictions des tombes

Le mois de novembre qui s'achève est consacré à la prière pour les défunts. A cette occasion, l’Église encourage les fidèles à faire bénir les tombes par leurs prêtres. Une pieuse coutume qui manifeste la communion des saints entre les vivants de la terre et les âmes du Purgatoire. A l'occasion de cette bénédiction, n'oublions pas les tombes abandonnées, celles de défunts qui ont certainement un grand besoin des prières de l’Église, mais aussi celles des curés défunts qui ont offert leur vie sacerdotale pour le bien des âmes. "Requiem aeternam, dona eis, Domine !"






vendredi 13 novembre 2015

Messe de Requiem à Mechmont en images et en paroles

Une trentaine de fidèles étaient présents à la traditionnelle Messe de requiem célébrée en l'église de Mechmont, comme chaque année, le premier samedi après la Toussaint. La Messe fut célébrée par le chanoine Jantaud, désormais prieur de la Maison Saint-Louis de Labarde, à Roquecor (82). Le sermon fut donné par le chanoine Cambon, curé de Catus, qui nous accueille avec beaucoup de bienveillance dans sa belle église de Mechmont. Voici l'intégralité de sa prédication.

Le catafalque paré pour la cérémonie

Assurément nous vivons une époque de confusion et nous en faisons l’expérience tous les jours. Cette confusion touche bien des domaines de notre société car il s’agit d’une confusion dans la pensée. Chacun veut avoir un avis sur tout et le suivre comme s’il s’agissait de la vérité ultime . Le monde du religieux n’échappe pas bien évidemment à cette dérive. Là encore chacun prétend savoir ce qu’il convient de faire ou de penser non en vertu d’une  vraie connaissance historique ou théologique du sujet abordé - et que bien peu possèdent - mais en raison de leurs préférences. C’est l’ère du subjectivisme.

Parmi les questions récurrentes il en est une qui revient souvent : quel est le sort de nos défunts? autrement dit : y a-t-il une vie après la mort et quelle forme celle-ci peut revêtir ? Continuent-ils une existence d’ectoplasme, de fantômes hideux tels que nous les présente la récente fête d’Halloween, sont-ils à jamais anéantis comme s’ils n’avaient jamais existé ou doit on croire à l’enseignement de l’Église sur la vie éternelle ? Les arguments d’autorité sont bien affaiblis en notre temps. Pourtant, beaucoup même faiblement attachés aux enseignements de l’Église veulent honorer leurs défunts et la question de la mort des autres renvoie chacun à la question de sa propre mort.

Si notre vie ne s'arrête pas avec la mort biologique de notre corps l’autre question que l’on se pose est : peut-on les aider encore, leur être utile ? C’est la question de la prière pour les défunts. Cette prière est-elle utile, a-t-elle un sens? Doit-on encore faire célébrer des messes particulièrement dans le mois de novembre tout entier dévolu à la prière pour les défunts et bien sur tout le reste de l’année ?

Cette question doit trouver sa réponses à un niveau plus général : doit-on encore faire célébrer des messes à une intention particulière ? N’est-ce pas une coutume surannée ? Beaucoup ignorent qu’il s’agit là d’une pratique les plus anciennes de l’Église. En dehors des dimanches et fêtes, la tradition favorise l’offrande de la messe pour des fidèles vivants ou défunts.





Offrir une intention de messe, c’est associer une ou plusieurs personnes au sacrifice du Christ qui sauve le monde. Cette intention de prière peut être pour nous-mêmes et concerner tous les domaines de sa propre vie : santé, travail, vocation, études, elle peut-être aussi pour d’autres personnes (comme les membres de notre famille, les jeunes, les personnes âgées, la paix dans tel ou tel pays en guerre,
une population victime de la famine ou d’une catastrophe naturelle, etc.). Ce peut être aussi une prière d’action de grâces pour tel ou tel événement vécu (fiançailles, noces d’or ou d’argent,
ordination sacerdotale, santé, paix). Souvent la célébration de la messe est demandée pour confier un défunt ou plusieurs défunts à la miséricorde du Seigneur.

La prière pour les défunts


Souvent pour comprendre nos pratiques il faut remonter à leur source. La prière pour les défunts a toujours été considérée comme un acte de charité suprême et nous en avons un écho dans le livre des martyrs d’Israël. Dès les débuts de l’Église, les chrétiens faisaient mémoire des défunts les 3e, 7e et 30e jours après leur mort, puis une fois par an. Il devint habituel de célébrer la messe ces jours-là. Au
IIIe siècle, on introduit l’intention de prière pour les défunts dans la prière eucharistique. Le deuxième concile de Lyon, en 1274, enseigne que les prières et les bonnes œuvres des vivants peuvent aider les morts dans leur chemin de purification, tout comme les messes offertes à leur intention. Ainsi la tradition présente depuis le VIIe siècle d’offrir une messe pour un défunt particulier se trouve officiellement admise et justifiée. Le concile Vatican II, dans sa constitution Lumen Gentium réaffirme, aux n° 49-50 et 51, l’importance de la prière pour les défunts et insiste sur l’aspect de la communion des saints c'est-à-dire sur le lien de solidarité réciproque entre l’Église du ciel et l’Eglise de la terre.

Beaucoup de nos contemporains remplacent volontiers la prière pour les défunts par l’offrande de fleurs car ils n’en comprennent plus la signification.

Pourtant dans le Credo nous proclamons : « J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir ». C’est là un des éléments essentiels de notre foi et cela implique une certaine vision de
l’existence et par-delà la vie et la mort, la vie n’est pas détruite, elle est transformée. Pour le croyant, la mort est le passage à la plénitude de la vie avec le Christ et dans le Christ. La mort prend un  sens nouveau qui est celui du passage vers le monde de Dieu, une nouvelle naissance, le « Dies natalis » disons nous pour les saints (la naissance au ciel)

Pour celui qui l’a choisi c’est l’accomplissement total du baptême, de l’union au Christ pour l’éternité.

Seulement pour rencontrer Dieu face à face il faut être pur. Au moment de sa mort, le défunt rencontre Dieu qui l’appelle à Lui pour le rendre participant de sa vie divine mais personne ne peut être accueilli dans l’amitié de Dieu s’il n’a pas été purifié par Dieu lui-même de toutes ses fautes . Prier pour les défunts, c’est demander à Dieu de les purifier par son amour et de les introduire dans
son royaume.


La prédication du chanoine Cambon

Ainsi en priant pour les défunts, l’Église implore Dieu en leur faveur, pour qu’ils obtiennent de Lui la vie éternelle qui est la plénitude de leur baptême. Cette prière est destinée à tous les défunts dont Dieu seul connaît la foi. Dans une de ses célèbres homélies, saint Jean Chrysostome  s’exprime ainsi : "Portons-leur secours et faisons-leur commémoraison. Si les fils de Job ont été purifiés par le sacrifice de leur père (cf. Jb. 1,5), pourquoi douterions-nous que nos offrandes pour les morts leur apportent quelque consolation ? N’hésitons pas à porter secours à ceux qui sont partis et à offrir nos prières pour eux".

 Il s’agit pour nous d’un acte de solidarité : celui de tous les baptisés qui sont un seul corps dans le Christ durant leur vie terrestre mais aussi par-delà la mort. La prière pour les défunts, est un acte de communion avec eux dans l’épreuve commune de la rencontre avec Dieu. Elle est aussi une remise confiante entre les mains du Père de ceux qui nous ont quittés. Elle est encore union  dans leur
attente de Dieu, participation à leur joie de devenir davantage image de Dieu. Enfin, en priant pour les défunts nous réalisons pour nous-mêmes le plus profitable des placements. Quand nous quitterons ce monde, pensons-nous  que nous n’aurons pas besoin que l’on prie pour nous ? Sur qui pourrons nous compter ? Sur les nouvelles générations ? Hélas c’est peu probable, elle n’ont pas été éduquées dans ce sens. Par contre si nous prions ici bas pour les âmes du purgatoire nous ne pouvons douter que ces défunts arrivés dans la pleine lumière de Dieu nous aident à avancer pour prendre place auprès d’eux. Nous sommes certains de leur appui car avec la prière pour les défunts c’est une véritable communion, « la communion des saints » qui se réalise dans une véritable amitié spirituelle qui ne saurait nous décevoir. Au-delà du temps et de l’espace, nous sommes liés par l’amour des hommes et par l’amour d’un Dieu qui sauve.

Certains se demandent parfois si une telle pratique n’est pas en contradiction avec le fait que l’eucharistie est célébrée pour le monde entier et qu’elle a toujours valeur universelle. C’est un faux
problème. Certes, la messe est le sacrifice du Christ auquel s’unit toute l’Église, celle du ciel comme celle de la terre. Cependant, chaque célébrant peut joindre à la grande prière de l’Église les intentions particulières qui lui sont confiées.





Une messe célébrée à l’intention d’un défunt a une valeur inestimable. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse offrir à un être cher qui nous a quittés, la prière la plus puissante à son égard. Prier pour les défunts est un devoir de solidarité, une nécessité que les fleurs ne remplaceront jamais.

Laissons-nous encore éclairer par une citation du Saint Curé d’Ars : "Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas au sacrifice de la messe parce qu’elles sont l’œuvre des hommes, et la Sainte
Messe, l’œuvre de Dieu : elle est le sacrifice que Dieu fait aux hommes de son Corps et de son Sang".

L’offrande


On peut être gêné par le fait d’avoir à payer une messe, comme si on pouvait acheter la faveur de Dieu et parfois certaines personnes peuvent nous faire part d'une certaine incompréhension. Encore une fois il convient de bien comprendre de ce dont on parle.  La célébration de la messe a toujours comporté  une offrande matérielle que les fidèles accomplissaient sous différentes formes  : offrande du pain et du vin pour l’eucharistie, et conjointement offrande pour les besoins de l’Église, la subsistance du clergé et celle des pauvres. Cette tradition n’est pas une invention du christianisme. Dans l’Ancien Testament, les prêtres recevaient une part des sacrifices faits à Dieu (Lv. 2 et 7). Il y a donc une antique tradition qui témoigne que le prêtre doit toujours pouvoir vivre de l’autel, c’est-à-dire, de la part que Dieu lui fait dans les biens que les hommes offrent au Seigneur. L’actuel Code de droit canonique légitime d’ailleurs cette pratique en précisant que "selon l’usage approuvé de l’Église, tout prêtre célébrant ... la Messe peut recevoir une offrande, pour qu’il applique la Messe à une intention déterminée". (Canon 945).




Par contre, bien évidemment, on n’achète la miséricorde de Dieu  pas plus qu'on ne l'enchaîne ! Le trafic des biens spirituels est condamné dans les Actes des Apôtres qui relate les agissements de Simon le magicien (Ac. 8, 9-25) lequel voulait acheter à prix d’argent la puissance de Dieu (Cette pratique que l’on nomme « simonie » a toujours été condamnée dans l’histoire de l’Église). La messe
n’a pas de prix. Le prix en a été payé une fois pour toutes par le Christ lui-même qui s’est sacrifié et ce prix est infini. On n’achète pas une messe, on n’achète pas Dieu pour quelques pièces de monnaie. On ne peut donc pas parler de prix en ce qui concerne la somme versée pour une intention de messe, mais bien plutôt d’offrande ou d’honoraires. Cet argent n’est pas pour payer la messe, mais pour aider le prêtre à vivre. Cette offrande est alors une participation financière dont le but principal est de subvenir aux besoins du prêtre.  Ce n’est pas une aumône que l'on fait au prêtre  mais plutôt un mandat qu’on lui confie, celui de porter à l’autel par l’exercice de son ministère le don des fidèles.
C’est donc de l’autel,  par la volonté divine, que le prêtre reçoit en partie ce qui sert à sa subsistance : "celui qui sert à l’autel participe à l’autel". (1 Co 9, 13-14) . En donnant ainsi son offrande, le fidèle exerce de façon excellente le sacerdoce commun de tout baptisé, que le Concile Vatican II a rappelé et qui consiste précisément à offrir à Dieu supplications et oblations. Il use d’un des moyens les plus efficaces pour obtenir la grâce qu’il désire. En même temps, il satisfait au moins en partie à son devoir de membre de l’Église, qui est de l'aider dans ses besoins matériels en portant sur l’autel ce que Dieu réserve à ses prêtres (Canon 946). Faire une offrande, c’est essentiellement s’offrir soi-même, c’est un geste d’association au sacrifice salutaire du Christ, en offrant une partie de son bien, fruit de son travail, de sa peine. Il faut bien retenir cependant que dans l’Eucharistie, il n’y a pas
d’autre offrande que celle du Christ à son Père auquel se joint l’offrande de toute l’Église. Or, ce que l’Église a de plus précieux à offrir c’est le Christ lui-même : son Corps et son Sang. Faire célébrer une messe, c’est alors faire déposer sur la patène, avec l’offrande du Christ, notre supplique : la présenter devant le Seigneur, devant ses anges et ses saints.



L'élévation du Précieux Sang

N'hésitons  donc pas à offrir notre prière pour les vivants et pour les défunts et en particulier le sacrifice incomparable et insurpassable de la messe car il est le sacrifice même du Christ. Et comme ultime recommandation... vous priez pour les défunts de vos familles, vos amis et vos bienfaiteurs, il convient de le faire, c'est un devoir de justice et de charité. N'oubliez pas de prier pour les prêtres, ceux qui vous ont donné la grâce des sacrements, qui furent les curés de vos paroisses. Ils ont donné leur vie pour le Christ et pour vous, il ne faut pas les oublier !

Amen.

L'absoute à la fin de la cérémonie

lundi 2 novembre 2015

Nomination à la Chancellerie de Cahors



Ce lundi 26 octobre, lendemain de la fête du Christ-Roi, Monseigneur Camiade, Évêque de Cahors, a nommé le chanoine Sébastien Goupil vice-chancelier du diocèse de Cahors. Quelques années auparavant, son prédécesseur, Mgr Turini, avait nommé le chanoine Eric Boinet, qui desservait alors les églises de Gluges et de Mechmont, à cette même charge.

L’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre est, selon ses Constitutions, au service des évêques et de leurs diocèses. Si le plus souvent ses prêtres ont un ministère de type paroissial : comportant la célébration des sacrements, le catéchisme,  l’aumônerie d’écoles et de groupes scouts, dans plusieurs évêchés français, la formation ecclésiastique – et spécialement canonique − reçue dans notre séminaire de Gricigliano, ou plus tard dans les Instituts catholiques, a encouragé certains évêques à nous confier des tâches dans le domaine canonique. C'est le cas à Saint-Brieuc et à Nice, où nos confrères remplissent la fonction de « notaires de Curie » (c'est-à-dire secrétaires canonistes).

La Chancellerie est le service juridique d’un diocèse. Le chan­celier est le garde des sceaux de l’évêque : il joue un rôle de conseil juridique auprès de ce dernier.  Il contresigne les documents officiels après en avoir attesté l’authenticité. La chancellerie s'occupe aussi du Bureau des mariages, qui consiste à vérifier certaines situations particulières, comme les mariages mixtes (entre catholiques et baptisés non catholiques). Elle supervise les actes de catholicité du diocèse, notamment l'archivage et la délivrance des actes. 

Le chanoine Michel Cambon, Chancelier du diocèse et Official de la Province ecclésiastique

   A Cahors, le chanoine Michel Cambon, curé de Catus et official de la Province ecclésiastique de Toulouse, occupe la charge de chancelier. Il est assisté du chanoine Goupil, comme vice-chancelier, et d'un notaire de curie, Mme Lucette Verdier. 
 

Le travail du chanoine Goupil consiste particulièrement à :
      étudier les projets de concerts organisés dans les églises en veillant à préserver la sacralité du lieu ;
      vérifier les dossiers de mariage et accorder les dispenses ;
      établir les statistiques annuelles destinées au Saint-Siège (nombre de sacrements, de prêtres & religieux, etc.).

Le droit de l’Église n’est pas une entrave à la Loi de l’Évangile, mais bien au contraire le moyen d’assurer son application. Comme au sein de l’État, la loi occupe une place essentielle dans l’Église : sans la loi, c’est l’anarchie ! Mais n’oublions pas toutefois que la loi suprême du droit de l’Église est « le souci du Salut des âmes », comme le souligne le dernier canon du Code. C’est bien dans cet esprit que s’effectue la coopération juridique de notre chanoine, justement juriste de formation.

          Merci Monseigneur pour ce beau témoignage de votre confiance !

Le chanoine Goupil, à sa table de travail, à l'évêché de Cahors